Je vous livre ici mes "aventures", tant professionelles que personnelles (touristiques, culinaires, sportives), afin de pouvoir partager un peu tous ces moments avec vous ! Bonne lecture à tous :)
jeudi 3 décembre 2009
Des vaches, enfin ! Et quelques moutons aussi !
jeudi 21 mai 2009
Le varron
Cette maladie parasitaire est due au développement de larves de mouches Hypoderma bovis et Hypoderma lineatum qui parasitent spécifiquement les bovins.
Le stade parasitaire dans le bovin dure onze mois. La forme adulte est une mouche. Celle-ci ne vit que quelques jours, une semaine au maximum. Elle survit grâce aux réserves lipidiques accumulées au cours de la vie larvaire. Dépourvue d'orifice buccal (Beesley, 1968; Boulard, 1970), elle ne peut s'alimenter. Le stade adulte est uniquement voué à la reproduction. Immédiatement après accouplement les mouches volent dans un rayon de 5 kms en zone prairiale pour aller pondre sur les bovins. Elles ne traversent qu'exceptionnellement les zones boisées. Chaque mouche pond environ 1000 oeufs sur les poils des pattes, du ventre et des flancs des animaux et meure.
Les oeufs éclosent 2 à 7 jours plus tard, descendent le long du poil et pénètrent activement dans la peau du bovin. Après 7 à 9 mois de migration dans le tissu conjonctif profond, ces "asticots" atteignent le tissu sous cutané dorsal du bovin. Les larves y séjourneront 2 à 3 mois et mesurent alors 2,5 / 1 cm. Elles sont appelées communément varrons. Elles provoquent un abcès dans le tissu sous cutané dorsal et se nourrissent au dépens du pus environnant. Elles respirent par un pertuis ouvert au sommet de l'abcès. Les varrons peuvent être détectés en France de fin mars à fin juillet et arrivent par vagues successives dans le dos des animaux. Dans le cas d' infestation moyenne on dénombre à un moment donné de 10 à 40 par bovin, ce qui représente au cours d'une saison une charge parasitaire totale de 20 à 100 varrons. Dans le cas de forte infestation, le nombre de varrons par bovin peut atteindre plus de 300. Cette situation est encore visible de nos jours dans les pays n'ayant engagé aucune mesure de contrôle. Le nombre moyen de varrons diminue avec l'âge des animaux mais n'atteint jamais le niveau 0 varon, même chez les animaux les plus âgés.
A maturité les varrons émergent de l'abcès par le pertuis respiratoire, et tombent sur le sol. Ils se transforment en pupe d'où naîtra la mouche 4 à 6 semaines après. Le cycle est bouclé en un an.

Fig.1 Cycle biologique des hypodermes
Ici, en Corse, le varron est très présent, on le trouve dans tous les élevages bovins dont les animaux ne sont pas traités au Virbamec D, qui est le traitement le plus courant/efficace/ moins cher sur le marché, dans les larges spectres.
Une petite photo perso de varron sur une vache locale :

On voit deux abcès, pas tout à fait "mûrs" puisque la photo date de mars, et que le maximum de la taille des abcès est en général observé un mois plus tard. Au maximum, ils sont de la taille d'une demi-balle de ping-pong à peu près.
La Corse et la FCO, une longue histoire !
Bien avant nous, les Corses (et surtout les éleveurs ovins) ont appris à vivre avec la FCO.
Pourvue depuis presque une dizaine d'années de différents sérotypes, l' Ile de Beauté est un nid à Culicoides...Dans le quinté gagnant, nous avons :
-sérotype 16 : présent pendant plusieurs années, il tend aujourd'hui à se raréfier, et on ne vaccine plus contre ce sérotype.
-sérotype 2 et 4 : présents depuis le début des années 2000, peu d'éleveurs vaccinaient, jusqu'au jour où une mortalité importante est apparue, et une bonne partie des troupeaux a été décimée (jusqu'à la moitié du troupeau dans certains cas, sans parler de l'énorme perte de production laitière) Autant dire que depuis, tout le monde vaccine, d'autant que la vaccination est prise en charge par l'Etat. Les éleveurs ne payent rien.
-sérotype 1 : présent sur l'Ile depuis 2 ans, on vaccine depuis le printemps 2008 (comme sur le continent en somme), en plus de la vaccination pour les sérotypes 2 et 4 (vaccin combinant les 2 valences heureusement).
-sérotype 8 : présent en Sardaigne, et donc potentiellement en Corse (10km de mer entre les deux, et de TRES nombreux transports d'animaux entre les 2 îles sans contrôles sérologiques). Les ovins ne sont pour le moment pas vaccinés.
Les bovins et la vaccination
En ce qui concerne les bovins, ils n'ont jamais été vaccinés en Corse et ne le sont toujours pas à l'heure actuelle. En ce qui concerne l'impact de la maladie sur l'élevage bovin, elle est délicate à évaluer : tous les élevages ont des problèmes de repro, mais ils ne sont pas suivis, les vaches ne sont pas alimentées correctement, elles sont libres dans le maquis, donc pour savoir ce qui est dû à la FCO et ce qui est dû au reste, ce n'est pas évident !
Les ovins et la vaccination
La présence de tous ces sérotypes fait que les brebis sont surchargées en doses vaccinales : pour bien faire, ici, il faut faire les vaccins suivants :
-entérotox (coglovax ND)
-piétin (footvax ND)
-FCO 1
-FCO 2 et 4
Il ne reste plus qu'à rajouter le 8, et on est complet ! Sachant que chaque vaccination entraîne immanquablement une baisse de production laitière non négligeable, et diminue les performances repros des béliers sur une petite semaine... Il faudrait donc pouvoir vacciner hors lactation, hors lutte, et hors mise bas pour éviter les avortements.... c'est à dire, à peu près jamais ! C'est un réel problème ici qui fait que certains éleveurs refusent la vaccination FCO (alors même qu'elle est obligatoire). Ils fanfaronnent même parfois en prétextant que depuis 2 ans qu'ils ne vaccinent plus, ils n'ont pas de mortalité, comme quoi ce vaccin ne sert qu'à nous remplir les poches, nous vétos...(alors que bon, à la limite ce ne sont pas eux qui payent, alors on voit pas trop en quoi on les vole !!!) M'enfin.... Un petit cours d'épidémio en arrière nous rappelle que 80% de cheptels vaccinés donnent une bonne couverture à l'ensemble des cheptels... D'où les fanfarons (moins de 10%) qui ne vaccinent pas et n'ont pas de cas... Ils profitent de la couverture vaccinale des voisins !
Petit cas clinique de suspicion FCO
Mais alors, en pratique, de la FCO, on en voit ici ?
A vous de me le dire :
Sur un troupeau on observe les symptômes suivants :
Ecoulements au niveau des yeux, les brebis pleurent littéralement

Boiteries marquées sur un animal sur dix en moyenne
Langue colorée, par petits points ou de manière plus générale


Jetage important sur un animal sur dix également

Pas d'hyperthermie franchement marquée, mais abattement général au niveau du troupeau
Conclusion ???? FCO me direz-vous ! Eh bien..... NON !
- Pour les brebis ayant les yeux qui coulent, ce n'est qu'une conjonctivite contagieuse, probablement bactérienne, et tout est très vite rentré dans l'ordre avec qqs noisettes de Mastijet dans les yeux, 2 fois par jour, 1 semaine (hors AMM, hein, le Mastijet, ça ne sert pas à ça de base ! Mais il se trouve que ça marche très très bien, pour pas cher !)
-Pour les boiteries, c'était du piétin, eh oui, ici c'est le premier fléau en élevage ovin (petit post sur le sujet bientôt)
-Pour le jetage et l'abattement : c'est du parasitisme : strongles pulmonaires et petite douve...
Un petit coup de vermifuge et hop ! c'était réglé...
-Mais la langue me direz-vous ? Eh bien il existe (ici en tout cas) bon nombre de brebis dont la langue est pigmentée, soit carrément noire (pour les brebis noires) soit avec des petites taches, soit un peu violacée... mais rien a voir avec une quelconque pathologie...:)
Voilà, voilà, à noter que dans ce cas précis, une PCR était quand même partie en suspicion FCO et elle est revenue négative.
mardi 19 mai 2009
Parasitologie illustrée des ruminants corses
Pour les petits ruminants, en dehors de tous les strongles classiques, on trouve quasi-partout :
-Grande douve
-Petite douve
-Oestrus (l'écoulement nasal est assez caractéristique)

-Dictyocaule (cf photos plus bas)
-Gale psoroptique (pas dans tous les élevages)

Il m'est même arrivé sur une autopsie de trouver un beau "combo" sur un bélier :
Dictyocaulus viviparus

Kystes hydatiques

Grande et petite douve (pas de photos, ça ne rendait rien)
Strongles divers et variés (idem)
Le bélier en question pesait 30kg, au lieu de 60 dans un état sanitaire correct.
Au niveau du traitement, on trouve le Virbamec D, l'Hapadex, l'Acadrex, et la bouillie bordelaise, utilisée en "tartine" pour la gale. En lactation, le produit le plus utilisé reste l'Oxfenil qui a un délai d'attente lait nul. En pratique, les éleveurs font une copro (10€) de mélange du troupeau, et on traite avec le vermifuge le plus adapté, au lieu de leur vendre toujours un large spectre, où des résistances finissent par apparaître.
Pour les bovins, on trouve à peu près tous les strongles aussi, ainsi que :
-Grande douve
-Petite douve
-Oesphagostomum radiatum (lésions en grain de plomb sur l'intestin)

-Varron

Le traitement de choix reste donc le vermifuge à base d'ivermectine : Ivomec D ND ou Virbamec D ND, un peu moins cher. Bien entendu, il serait judicieux de vermifuger 2 à 3 fois dans l'année, en changeant de molécule, seulement les éleveurs ici, pour l'immense majorité, ont des vaches en plein maquis, qu'ils attrapent au mieux 1 ou 2 fois dans l'année pour la prophylo et la vermifugation, et c'est déjà toute une aventure !